Redaction8 min de lecture4 avril 2026Par Yann Lephay

DUERP comment faire : le guide étape par étape pour TPE/PME

En resume

Faire son DUERP consiste à lister les unités de travail, identifier les risques, les coter selon leur gravité et fréquence, puis définir un plan d'action. Cette démarche obligatoire prend quelques heures si vous partez de zéro.

Pour faire votre DUERP, vous devez diviser votre entreprise en unités de travail, identifier les dangers pour chaque poste, évaluer leur criticité et rédiger un plan d'action de prévention.

En tant que dirigeant, vous voyez souvent cette obligation légale comme une montagne administrative complexe. Mon rôle est de vous rassurer : la démarche est logique, accessible et sert avant tout à protéger vos équipes au quotidien. L'article R4121-1 du Code du travail vous demande simplement de tracer votre réflexion sur la santé et la sécurité au sein de votre établissement. Vous protégez ainsi la santé physique et mentale de vos collaborateurs tout en structurant votre organisation.

Étape 1 : Découper l'entreprise en unités de travail

L'erreur classique consiste à vouloir lister les risques pour chaque salarié individuellement. Le Code du travail raisonne en "unités de travail". Concrètement, vous regroupez les collaborateurs qui partagent les mêmes risques, le même environnement de travail ou les mêmes tâches quotidiennes.

Exemple chiffré : Dans une PME de 15 personnes, vous n'aurez pas 15 analyses distinctes à mener, mais plutôt 3 unités de travail bien définies :

  1. Le personnel administratif (5 salariés travaillant sur écran au siège).
  2. L'équipe commerciale (4 salariés en déplacement régulier chez les clients).
  3. Les techniciens d'atelier (6 salariés opérant sur les machines de production).

Cette segmentation simplifie instantanément votre évaluation. Vous allez pouvoir vous concentrer sur les spécificités de chaque groupe sans vous répéter inutilement.

Étape 2 : Identifier les risques professionnels

Pour chaque unité de travail définie, observez les situations réelles. L'INRS répertorie plusieurs grandes familles de risques professionnels que vous allez confronter à la réalité de votre terrain :

  • Les chutes de plain-pied ou de hauteur.
  • Les manutentions manuelles et les postures contraignantes.
  • Le risque routier.
  • Les risques psychosociaux (RPS), incluant le stress ou la surcharge de travail.
  • Les risques chimiques ou biologiques.
  • Les risques liés aux équipements de travail (coupures, écrasements).

Listez factuellement ce qui peut causer un dommage. Pour l'équipe commerciale, le risque routier lié aux trajets en voiture est une évidence. Pour les techniciens, les coupures, l'inhalation de poussières ou l'exposition au bruit seront prioritaires. Pour les profils administratifs, la sédentarité et le travail prolongé sur écran constitueront la base de l'analyse.

Étape 3 : Coter les risques (Gravité x Fréquence)

Une fois les dangers identifiés, vous devez les hiérarchiser. C'est l'étape de la cotation. La méthode la plus courante et la plus lisible consiste à croiser la fréquence d'exposition au risque et la gravité potentielle de l'accident ou de la maladie.

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Voici une grille de cotation simple à appliquer pour votre TPE/PME :

NiveauFréquence d'exposition (F)Gravité potentielle (G)
1Rare (moins d'une fois par an)Faible (sans arrêt de travail)
2Occasionnelle (mensuelle)Moyenne (arrêt de travail court)
3Fréquente (hebdomadaire)Grave (incapacité permanente, invalidité)
4Continue (quotidienne)Très grave (décès)

Vous multipliez ensuite la fréquence par la gravité (F x G) pour obtenir un score de criticité sur 16.

Prenons un exemple concret. Un technicien utilise une scie circulaire tous les jours (Fréquence = 4). Une coupure grave peut entraîner une amputation (Gravité = 3). Le score de criticité est de 12/16. Ce risque nécessite une action immédiate. À l'inverse, une coupure avec une feuille de papier au bureau a une fréquence de 4, mais une gravité de 1. Le score est de 4/16. Le risque est considéré comme acceptable en l'état et ne nécessite pas de refonte de votre organisation.

Étape 4 : Définir un plan d'action de prévention

Évaluer les risques ne suffit pas devant la loi. L'objectif fondamental de la prévention est d'agir. Pour chaque risque identifié, en particulier ceux avec un score de criticité élevé, vous devez définir des mesures de prévention.

La réglementation parle de Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d'Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT) pour les entreprises de plus de 50 salariés. Le principe reste exactement le même pour une TPE : lister des actions concrètes, désigner un responsable et fixer un délai de réalisation.

L'article L4121-2 du Code du travail fixe les 9 principes généraux de prévention sur lesquels vous devez baser vos actions. Les trois principes les plus structurants pour vos mesures sont :

  • La prévention technique : installer un carter de protection sur une machine dangereuse, acheter des sièges ergonomiques, mettre en place une aspiration des fumées.
  • La prévention organisationnelle : limiter le temps de conduite continu des commerciaux, instaurer des rotations sur les postes répétitifs.
  • La prévention humaine : former les équipes aux gestes et postures, distribuer des Équipements de Protection Individuelle (EPI) comme des chaussures de sécurité ou des casques antibruit.

Privilégiez toujours la protection collective (isoler la machine bruyante) par rapport à la protection individuelle (donner des bouchons d'oreilles au salarié).

Qui impliquer dans la rédaction de votre évaluation ?

Vous n'êtes pas seul face à cette tâche. Vous portez la responsabilité légale en tant qu'employeur, mais la construction du document unique est un travail collectif qui gagne en pertinence lorsqu'il est partagé.

Vos salariés connaissent la réalité de leur poste mieux que quiconque. Interrogez-les sur les presqu'accidents, les gênes physiques ressenties en fin de journée ou les outils défectueux. Si votre entreprise compte plus de 11 salariés, la consultation du Comité Social et Économique (CSE) sur le document unique est une étape obligatoire. Les élus apportent un regard croisé sur les conditions de travail. Votre Service de Prévention et de Santé au Travail (SPSTI) est un allié précieux. Le médecin du travail et son équipe d'ergonomes ou de préventeurs peuvent vous fournir des fiches d'entreprise et des conseils ciblés sur vos problématiques métiers spécifiques.

Les outils pour rédiger et formaliser

La réglementation vous laisse totalement libre du support. Un simple tableur ou un document de traitement de texte suffit légalement, tant que la démarche est claire, traçable et mise à la disposition de l'inspection du travail, de la médecine du travail et de vos collaborateurs.

Cependant, partir d'une page blanche prend un temps précieux. Vous risquez d'oublier des familles de dangers ou de mal formuler vos mesures de prévention. L'outil OiRA, proposé par l'INRS, offre des trames gratuites, bien que la prise en main demande parfois un certain investissement pour s'approprier l'interface.

Si vous cherchez une approche plus directe, Auto DUERP génère votre Document Unique conforme en 15 minutes pour 49 €, avec les risques INRS pré-remplis pour votre secteur. Vous gagnez du temps sur la saisie administrative et vous vous concentrez sur l'essentiel : le dialogue avec vos équipes et la mise en place concrète de la sécurité.

Mise à jour et conservation du document

Votre document d'évaluation n'est pas un texte figé que l'on range dans un tiroir une fois imprimé. Vous devez le faire vivre et le mettre à jour régulièrement :

  • Au moins une fois par an. Cette obligation annuelle ne s'applique plus systématiquement aux entreprises de moins de 11 salariés depuis la loi Santé au Travail de 2021, mais une révision régulière reste fortement conseillée.
  • Lors de tout aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité. L'achat d'une nouvelle machine, un déménagement dans de nouveaux locaux ou une réorganisation des horaires de travail exigent une nouvelle évaluation.
  • Lorsqu'une information supplémentaire concernant l'évaluation d'un risque est recueillie, par exemple à la suite d'un accident du travail ou de l'apparition d'une maladie professionnelle.

Conservez précieusement les versions successives de votre document. La loi impose une durée de conservation de 40 ans. Cette exigence garantit une traçabilité des expositions professionnelles, permettant de faire le lien entre les conditions de travail passées et l'apparition de pathologies sur le long terme.

Prenez 15 minutes aujourd'hui pour lister vos unités de travail sur une feuille volante. C'est le point de départ le plus efficace pour débloquer la rédaction de votre document unique et structurer sereinement la prévention dans votre entreprise.

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Questions frequentes

Qui doit faire le DUERP ?
Tout employeur dès l'embauche du premier salarié, quelle que soit la taille de l'entreprise.
Comment coter un risque ?
En multipliant la fréquence d'exposition par la gravité potentielle du dommage pour obtenir un niveau de priorité.
Quel format pour le DUERP ?
La loi n'impose aucun format précis. Un tableur Excel, un document Word ou un logiciel dédié sont acceptés.
À quelle fréquence mettre à jour le DUERP ?
Au moins une fois par an pour les entreprises de plus de 11 salariés, ou lors de tout aménagement important.

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